Compte-titres pour un enfant mineur : ce qu'il faut savoir avant d'en ouvrir un
Mis à jour le 10 septembre 2026 · par Ilias
Ilias
Éditeur de Finlo (HqDigital) · À propos
Attention aux risques. Investir comporte un risque de perte, y compris la perte totale du capital investi. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Ce contenu est informatif : il ne constitue ni un conseil en investissement, ni une recommandation personnalisée.
Investir pour son enfant est une démarche courante, mais ouvrir le compte-titres directement à son nom entraîne une contrainte peu connue et rarement mentionnée dans les comparatifs de courtiers : vendre ces titres plus tard nécessitera l'autorisation d'un juge de paix. Voici ce qu'il faut savoir avant de choisir.
La contrainte principale : l'autorisation du juge de paix
Une fois des titres placés sur un compte-titres au nom d'un enfant mineur, les vendre constitue un acte d'aliénation au sens légal — une catégorie d'actes qui nécessite l'autorisation du juge de paix, même si l'intention est de racheter d'autres titres avec le produit de la vente. Cette contrainte s'applique à la vente, pas aux simples versements réguliers ni à l'arrêt d'un plan d'investissement programmé, qui restent des décisions libres des parents ou représentants légaux.
Concrètement, ça veut dire qu'un rééquilibrage de portefeuille ou une vente pour un besoin ponctuel — même dans l'intérêt de l'enfant — demande une démarche judiciaire, pas une simple décision parentale.
L'alternative : ouvrir le compte au nom du parent
Une manière courante de contourner cette contrainte est d'ouvrir le compte-titres au nom du parent plutôt qu'à celui de l'enfant, en se fixant mentalement (ou via une convention écrite) que ce capital est destiné à l'enfant. Cette approche conserve une liberté de gestion totale — vente et rachat libres, sans passage devant un juge — mais l'enfant n'a alors aucun droit juridique direct sur les titres tant qu'ils ne lui sont pas formellement transmis (donation, héritage).
Le choix entre les deux approches dépend de ta priorité : la sécurité juridique d'un capital clairement affecté à l'enfant, ou la souplesse de gestion pour le parent.
Conditions d'ouverture selon l'âge
En dessous de 16 ans, l'autorisation des représentants légaux est obligatoire pour ouvrir un compte-titres au nom du mineur. Au-delà de 16 ans, certains établissements permettent au mineur d'ouvrir seul un compte, sous réserve de leur accord. Les pièces justificatives demandées incluent généralement une pièce d'identité de l'enfant et des parents, ainsi qu'un justificatif de la filiation. Ces règles précises varient selon le courtier — vérifie-les directement avant d'entamer la démarche.
Tous les courtiers ne proposent pas l'ouverture d'un compte-titres au nom d'un mineur : vérifie cette option spécifiquement dans notre comparatif des courtiers si c'est ta priorité.
Ce que ça change pour la fiscalité
Les règles fiscales de base (TOB, taxe sur les plus-values, précompte mobilier) s'appliquent de la même façon à un compte au nom d'un mineur qu'à celui d'un adulte — voir notre guide de la fiscalité belge de l'investissement. La contrainte du juge de paix est une question de droit civil (gestion du patrimoine du mineur), distincte de la fiscalité elle-même.
Prochaine étape
Pour la question plus large d'investir à plusieurs, y compris entre parents, consulte notre article compte-titres à deux : quel courtier et quelles règles fiscales.
Questions fréquentes
Peut-on vendre librement les titres détenus par son enfant mineur ?
Non. Vendre des titres appartenant à un enfant mineur est un acte d'aliénation qui nécessite l'autorisation du juge de paix, même pour racheter d'autres titres avec le produit de la vente. Ce n'est pas le cas des simples versements ou arrêts de plan d'investissement.
Faut-il l'autorisation des deux parents pour ouvrir un compte-titres à un mineur ?
En dessous de 16 ans, l'autorisation des représentants légaux est obligatoire ; au-delà de 16 ans, le mineur peut parfois ouvrir un compte seul si l'établissement l'accepte. Les règles précises dépendent du courtier — vérifie-les directement avant d'entamer la démarche.
Existe-t-il un moyen d'éviter l'autorisation du juge de paix ?
Oui : ouvrir le compte-titres au nom du parent plutôt qu'au nom de l'enfant permet de conserver une liberté de gestion totale, au prix de perdre la titularité juridique directe de l'enfant sur les titres. C'est un compromis à peser selon tes priorités.